Non au démantèlement des médias de service public!

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L’initiative « 200 francs, ça suffit ! » (anti-SSR) est une attaque frontale contre les médias suisses de service public ; la démocratie est en danger

L’initiative anti-SSR aurait des conséquences graves pour notre pays. Le budget de la SSR serait alors réduit de moitié. En conséquence, la SSR ne serait plus en mesure de satisfaire à une partie des obligations qui sont au cœur de sa mission de service public. C'est l'offre diversifiée et indépendante d’informations, de culture et de divertissement pour l’ensemble de la population qui est en danger. La démocratie et la cohésion nationale sont menacés.

Sans cette initiative, la SSR est déjà contrainte d’effectuer des coupes budgétaires qui représentent 17 % de ses ressources. La baisse additionnelle qu’implique l’initiative anti-SSR mettrait en péril le service universel en matière de médias et affaiblirait l’enracinement régional de la SSR. Tout cela alors que les médias privés suppriment de plus en plus leur rôle de proximité.

Voici six raisons majeures pour lesquelles il faut rejeter cette initiative :

1. Non à la désinformation

Partout dans le monde, la liberté des médias est menacée et la désinformation se diffuse. Cette dernière est dangereuse car elle impacte les processus démocratiques. L’impossibilité de distinguer le vrai du faux conduit à une perte de confiance dans les institutions, les médias et la science. Car la désinformation n’est pas simplement une « information erronée ». C’est une pratique délibérée, à des fins stratégiques, souvent motivée par des intérêts politiques ou économiques. Son objectif premier n’est pas de tromper les gens, mais de façonner l’opinion publique, de semer la méfiance et de manipuler les rapports de force.

La volonté de démanteler l’offre médiatique la plus fiable de Suisse alors que le secteur des médias connaît une mutation rapide est très problématique. Une étude montre qu’en Suisse alémanique et en Suisse romande, les deux régions linguistiques étudiées, les émissions de la SSR sont celles que la population considère comme les plus crédibles.

2. Non à une initiative qui affaiblit la démocratie suisse

Dans un monde de plus en plus numérisé et fragmenté, il est crucial pour la démocratie de disposer d’un service public fiable qui puisse servir de repère. Les démocraties disposent généralement de médias de service public solides. Une réduction drastique de ses moyens serait très problématique, car elle affaiblirait l’information indépendante, la compréhension entre les régions linguistiques et la participation politique, ce qui risque d’affaiblir le fonctionnement démocratique suisse. L’offre média de la SSR est essentielle pour la formation de l’opinion, ce qui est particulièrement important dans un système fondé sur la démocratie directe avec des référendums réguliers.

3. Non à la fin de la cohésion nationale 

Conformément à l’article 93, alinéa 2 de la Constitution fédérale (Cst.), la radio et la télévision ont pour mission de contribuer à la formation et au développement culturel, à la libre formation de l’opinion et au divertissement. Elles doivent tenir compte des particularités du pays et des besoins des cantons, présenter les événements de manière fidèle et refléter équitablement la diversité des opinions. La concession impose à la SSR de consacrer au moins la moitié des revenus de la redevance au domaine de l’information.

Actuellement, la SSR est la seule entreprise média à produire des contenus dans les quatre langues nationales. Ainsi, les points de vue de toutes les régions sont représentés dans la couverture média nationale. Si le budget SSR était réduit de moitié, il deviendrait impossible de conserver la pluralité linguistique et régionale telle que nous la connaissons aujourd’hui.

4. Non à un démantèlement des programmes

La SSR soutient une production cinématographique suisse qui n’est pas finançable par le maché. Elle investit également dans des contrats pour personnes malvoyantes, des contrats de développement et des courts-métrages. Avec des ressources réduites de moitié, ces investissements deviendraient impossibles, ce qui représenterait une perte considérable pour la culture, la créativité et l’identité.

L’amputation des ressources de la SSR se traduirait par une perte de savoir-faire au détriment des grandes productions et de la couverture média de sujets de niche. Tout le monde subirait les effets d’une perte de diversité. 

En 2024, la SSR a investi 51 % de ces recettes dans des émissions d’information quotidiennes, des magazines et des émissions de débat, ainsi que pour le compte rendu d’événements sportifs nationaux et internationaux. Si elle était privée de la moitié de son budget, il est peu probable qu’elle puisse maintenir les autres catégories de programmes.

5. Non à des licenciements en masse!

Si l’initiative est acceptée, environ 2450 équivalents plein temps (EPT), soit environ 3000 emplois, disparaîtront à la SSR et dans les entreprises suisses qui lui sont liées (2450 ETPT chacune). Sur le marché du travail, l’activité de la SSR représente directement et indirectement 10 500 EPT, ce qui correspond à l’emploi de 13 500 personnes. Chaque poste à la SSR est ainsi lié à un poste à 91 % dans d’autres entreprises en Suisse.

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